PARFUMS

PAR FRANÇOIS CHARTIER

SENTIR POUR VOIR RIOPELLE

QUAND L’OLFACTION NOUS INVITE À VOIR L’ART AUTREMENT

Peut-on sentir une œuvre d’art ? Et si notre odorat nous permettait de découvrir ce que nos yeux ne voient pas ?

C’est l’invitation lancée par François Chartier et Isabelle Moren, du Chartier World LAB Barcelona, avec Sentir pour voir Riopelle, une expérience olfactive permanente créée pour le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), au cœur du nouvel Espace Riopelle, inauguré en octobre 2026.

Au centre de cette rencontre entre art et olfaction se trouve une œuvre monumentale et testamentaire de Jean Paul Riopelle : L’Hommage à Rosa Luxemburg (1992), une fresque de plus de 40 mètres, composée de 30 tableaux, où se déploient couleurs, matières, empreintes, mouvements et émotions.

Pour en proposer une lecture inédite, Chartier World LAB a imaginé six créations olfactives contemporaines, inspirées de l’univers de Riopelle, de son œuvre, de sa vie et des histoires qui l’habitent. Six interprétations sensibles qui invitent les visiteurs à entrer autrement dans la peinture.

Il ne s’agit pas de reproduire les odeurs de l’œuvre, mais de créer un dialogue inédit entre ce que l’on voit, ce que l’on sent et ce que l’on ressent.

Cette démarche possède une résonance toute particulière pour François Chartier, qui a personnellement connu Riopelle. Elle prolonge également une recherche amorcée en 2018 avec Sentir pour voir Picasso, présentée au Musée Picasso de Barcelone.

À partir de sa Science Aromatique des Harmonies Moléculaires, Chartier explore les relations invisibles entre molécules aromatiques, couleurs, matières, mémoire et perception. Avec Isabelle Moren, il transpose cette approche dans une véritable architecture olfactive, où chaque composition ouvre une nouvelle porte d’interprétation.

Ici, l’olfaction ne constitue pas un simple accompagnement de l’œuvre. Elle devient un langage artistique à part entière, capable d’évoquer un paysage, une saison, une rencontre, un souvenir ou une émotion, et d’enrichir la relation intime entre le visiteur et la peinture.

L’expérience invite ainsi chacun à construire sa propre lecture sensorielle de L’Hommage à Rosa Luxemburg. Une rencontre où les perceptions visuelles et olfactives dialoguent, se répondent et peuvent faire émerger une troisième dimension, fidèle au principe fondateur de Chartier : 1 + 1 = 3.

À la croisée de l’art, de la parfumerie contemporaine et de la recherche sensorielle, Sentir pour voir Riopelle ouvre un nouveau territoire muséal : celui d’une œuvre que l’on ne découvre plus uniquement avec les yeux, mais aussi avec l’odorat, la mémoire et l’imaginaire.

Une autre manière de rencontrer Riopelle.

SENTIR POUR VOIR. VOIR POUR RESSENTIR.